La plupart des comparaisons entre les deux commencent par celui qui sonne le mieux. C’est la mauvaise première question, car le M4A n’est pas un format au sens où le MP3 en est un. MP3 désigne à la fois le conteneur et le codec qu’il abrite. M4A ne désigne que le conteneur — et l’audio à l’intérieur peut être l’une de deux choses très différentes.
Les deux fichiers qui s’appellent tous les deux M4A
Un M4A contient soit de l’AAC, avec pertes comme le MP3, soit de l’ALAC, l’Apple Lossless, qui n’écarte rien du tout. Même extension, même icône, et aucun moyen de les distinguer à l’œil.
La taille, elle, les distingue. Pour un même morceau de trois minutes :
- AAC à 256 kbps — environ 5 Mo
- ALAC — environ 15 Mo, à peu près la moitié de ce que ferait le WAV
Un achat iTunes ou un mémo vocal d’iPhone est presque toujours de l’AAC. Un CD importé dans Apple Music avec le réglage sans perte activé est de l’ALAC. Cette différence décide si la conversion vous coûte quelque chose.
Lequel sonne le mieux
À débit égal, l’AAC tient généralement mieux que le MP3, et l’écart se creuse à mesure que l’on descend. C’est la conception la plus récente, pensée comme le successeur du MP3. En dessous de 128 kbps la différence est réelle ; à 256, les deux ont dépassé le point où la plupart des gens entendent quoi que ce soit sur du matériel ordinaire.
Mais ce n’est presque jamais pour cela qu’on convertit. Personne ne passe au MP3 pour le son.
Lequel se lit vraiment
Voilà la vraie différence, et la vraie raison d’être de la conversion. Le MP3 se lit sur pratiquement tout ce qui a été fabriqué. Le M4A non : autoradios anciens, lecteurs bon marché, certains logiciels de DJ, certains formulaires d’envoi, et une longue traîne de logiciels conçus autour du MP3 qui n’ont jamais rien appris d’autre.
Le résumé honnête est donc : l’AAC est le meilleur codec, le MP3 est celui qui marche. Si ce dans quoi vous voulez l’utiliser accepte le M4A, gardez le M4A — le convertir en MP3 coûte un peu de qualité et ne vous apporte rien.
Quand la conversion en vaut la peine
Convertissez les fichiers que quelque chose refuse réellement, et laissez le reste tranquille. Chaque conversion d’AAC en MP3 est une seconde passe avec pertes sur un audio qui en a déjà subi une ; à 192 kbps ou plus la perte reste inaudible, et convertir toute une bibliothèque qui fonctionne déjà ne fait qu’abîmer légèrement chaque fichier.
Deux cas où cela vaut clairement le coup :
- Un mémo vocal que vous devez envoyer. La parole n’a pas besoin d’un débit élevé ; 128 kbps est généreux. M4A en MP3 s’en charge, et comme les mémos vocaux sont souvent personnels, il compte que le fichier ne quitte jamais votre appareil.
- Un logiciel de montage qui ne lit pas le M4A. Alors vous ne voulez sans doute pas de MP3 non plus, mais de l’audio non compressé. M4A en WAV est la bonne voie, et si le M4A contenait de l’ALAC, le WAV qui en sort est bit pour bit l’original.
Une chose qu’aucun convertisseur ne peut faire
Les titres téléchargés depuis Apple Music sont protégés, et la protection doit être levée par le compte qui détient la licence avant qu’un outil puisse lire l’audio. Ce n’est pas la limite d’un convertisseur ou d’un autre : cela vaut pour tous. Les fichiers achetés et les CD importés ne sont pas concernés.
D’où vient probablement votre M4A
L’origine vous dit en général ce qu’il y a dedans sans rien ouvrir :
- Acheté sur iTunes — de l’AAC, en général à 256 kbps.
- Un mémo vocal d’iPhone — de l’AAC, à faible débit, puisque c’est de la parole.
- Un CD que vous avez importé vous-même — de l’AAC par défaut, mais de l’ALAC si vous aviez activé le réglage sans perte. C’est le cas où la conversion vous coûte réellement quelque chose.
- Exporté depuis une application Apple — le plus souvent de l’AAC, et généralement à débit généreux.
Dans le doute, la taille tranche : une piste ALAC est plusieurs fois plus lourde qu’une piste AAC de même durée.
Le reste de la famille : .m4b et .m4r
Deux autres extensions utilisent le même conteneur et sèment la confusion pour la même raison. .m4b est un livre audio — identique à un M4A, sauf que les lecteurs le traitent comme marquable et retiennent où vous vous êtes arrêté. .m4r est une sonnerie d’iPhone, c’est-à-dire un M4A de moins de 40 secondes avec une autre extension pour qu’iOS le range au bon endroit. Aucun n’est un codec différent : c’est la même boîte avec une autre étiquette dessus.
Ce que deviennent les étiquettes
Le titre, l’artiste et l’album survivent en général à la conversion, parce que le MP3 dispose d’un champ correspondant pour chacun dans ses étiquettes ID3. La pochette intégrée, parfois oui, parfois non. Tout ce qui est propre à Apple — le regroupement, les parties d’un livre audio, le nombre de lectures, les notes — n’a nulle part où aller et ne passera pas. Si cela compte pour vous, gardez le M4A à côté du MP3 plutôt que de le remplacer.
Si vous convertissez, quel débit choisir mérite deux minutes de lecture au préalable : c’est le seul réglage qui compte, et la valeur par défaut n’est pas toujours la bonne.